Anne Molines, artiste peintre, plasticienne

La création a toujours fait partie de ma vie, de ma chair, comme une bonne étoile éclairant mon chemin… J’ai été l’enfant d’une époque sans « télé » qui laissait la part belle à l’ennui et à la rêverie ; le dessin, la peinture trônaient en maitres dans cet espace intérieur à explorer et ces outils si simples à utiliser étaient les véhicules de ce voyage.

D’abord sentir, s’imprégner ramener tout ca au-dedans de soi pour le laisser jaillir en un trait ou en trois coups de doigts ou de pinceau ; me paraissait si naturel !! Les montagnes des Cévennes étaient bleues ; vertes ou roses, de sombres silhouettes peuplaient leurs arrondis, les châtaigniers se faisaient japonais, tracés d’un trait au bambou ; quelques taches insolites les faisaient palpiter de vie ou bien signaient une lente agonie. Vint le temps où Lautréamont, Rimbaud, Van Gogh, Odilon Redon, se firent proches chuchotant la promesse de plus grands horizons...

Paris m’appelait vers sa richesse inouïe, son déballage d’œuvres d’art, j’habitais alors entre « Le Louvre » et « Beaubourg », comblée par cette générosité artistique... mes pas me conduisaient d’ un coté à l’autre des rives de la Seine et je rencontrai l’Histoire de l’Art en grande pompe devant les originaux des musées. « César » ; « Brachet » ; « Moninot » m’enseignaient et c’était si bon, si vivant… être en leur présence me suffisait à grandir. Nous pratiquions gaiement, assis sur les bancs du musée Rodin ou sur ceux de l’ile de la cité… devenant à notre insu l’attraction touristique des Japonais qui parcouraient Versailles à la recherche de clichés. Paris était le grand sujet et tout était prétexte à l’explorer... les modèles posaient dans le clair amphithéâtre des Beaux Arts, débordants de chair, ruisselants de cheveux roux ou blonds. Quoi d’autre que le pastel pour parler de cela... cette matière de l’intime, vibration colorée où le trait et la couleur ne font qu’un.

Je plongeais dans cette expérience colorée comme dans l’Océan Primordial, remontant de cette immersion, telle un pécheur de perles, des visions à peindre et à dessiner. Je me détachais du motif pour exprimer le dedans…

Des années passèrent et la vie m’invita en Inde, pays où la couleur vit et se décline dans toutes ses audaces. Les Divinités, bleues, vertes, éléphantesques ; couvertes de perles, d’or, de pierreries, parées et habillées de tant de couleurs ouvrirent mon monde intérieur à leur mystère Oriental... La petite fille qui peignait les montagnes Cévenoles pouvait désormais unir en elle son Occident et son Orient.

Galerie – aperçu

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