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Article paru dans « MIDI LIBRE »   rubrique : La puce à l’oreille.

LA PEINTURE FAIT LE MUR
L’artiste est au pied du mur. La fresque redevient à la mode. Pas seulement dans les bâtiments publics, mais au coin des salons privés.
Dans la salle à  manger d’un Centre pour handicapés : « La fondation Kennedy », Anne Molines vient de signer une peinture murale de taille !! 24m2…..
On imagine qu’à cette échelle, la réalisation n’a rien du travail sur chevalet. L’esquisse faite en modèle réduit ; il faut s’attaquer aux grandes surfaces. C’est une technique spéciale ; un chantier hérissé d’échafaudages. L’artiste, comme l’entrepreneur a dans ses cartons un véritable cahier des charges. Mais laissons de coté, technique et gigantisme pour revenir à cette mer qui clapote  sur tout un mur de la pièce. Adossée à l’une de ces portes la chaise longue est vide. Un cerf volant danse dans le ciel au coin du plafond. Pour ce restaurant collectif, trois principes de base avaient été demandés : pas de thème agressif, l’évasion suggérée et des tons pastels.
Sur ce canevas en trois points, Anne Molines a brodé, inspirée, mêlant le camaïeu des tons pastels, la gamme des bleus et verts et les sables rosés.
Dans ce paysage de l’imaginaire, il fait bon plonger son regard et bronzer sous le lustre.
Anne Molines fait de nous des passes murailles.

 

ANNE MOLINES OU LA THEMATIQUE DU DESIR   Midi libre « rubrique Talents »  14.06.1985

Jusqu’au 30 Juin Anne Molines expose une vingtaine d’œuvres dans les salons de l’hôtel Imperator à Nîmes .Cette jeune artiste poursuit une double carrière. Plasticienne  surface, ancienne élève de l’école  nationale des Arts appliqués de Paris, elle a déjà exécuté dans notre région, des fresques, des mosaïques et elle travaille actuellement le format plus modeste de la « toile ». C’est le cas à Nîmes.
On découvre dans cette exposition que le pastel de par sa technique, ses tons, est tout à fait son domaine pour exprimer son univers chargé de désir .Dans son œuvre, en effet tout parle de luxuriance et de désir et cela à travers « deux sujets privilégiés » qui sont : le corps féminin et le végétal .Le corps féminin est largement présent : nu dans d’admirables tons de nacre rosés ou bleutés qu’interrompt parfois le noir profond d’ une chevelure, ou bien encore dévêtu en train de se dévoiler et cela dans tous les sens du terme.
Il apparait derrière le rouge fulgurant d’un Kimono ouvert, des seins jaillissant d’un fourreau largement défait. Quand le corps s’absente, le désir reste ; marqué par quelques indices : une robe blanche abandonnée sur une chaise, un canotier oublié au milieu d’une malle d’osier. Anne Molines peint un corps libre de mouvement et de contraintes, qui rejoint dans l’abandon l’apparente immobilité, la sécurité sensuelle du végétal. Fleurs et femmes se côtoient, se mélangent. Nénuphars et plis de la chair se confondent dans une harmonie de verts et de bleus, dans une matière pulpeuse et satinée qui parait identique.
L’artiste a également travaillé à une série de pastels et de gouaches représentant des serres dans lesquelles la végétation s’exaspère dans un univers doux et diffus.
Est-ce le jardin clos dont parlaient tant les poètes du XVIIe siècle ? On saisit tout à fait la cohérence de l’univers de Anne Molines qui nous ouvre ainsi les portes du rêve.
Sylvie Testut